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Cette CESF, c'est qui?

Une CESF passionnée par son métier, voulant redonner la parole à un univers qu'on met souvent de côté, qu'on dégriffe et qu'on oublie : le travail social. Une CESF voulant redonner la parole à des personnes qu'on catalogue et qu'on juge, à des situations qu'on banalise, des émotions qu'on dénigre. Car au final, son travail c'est chacun croisé au coin d'une rue, dans le bus ou à la boulangerie. Le travail social, c'est un reflet de la société, c'est l'effort fait pour la vie. Pour garder l'anonymat, appellez la Louise.

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Jeudi 13 juin 2013 4 13 /06 /Juin /2013 18:35

les dettes, c'est d'la carotte !

Les dettes, c'est d'la carotte !

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Dimanche 9 juin 2013 7 09 /06 /Juin /2013 13:25

 

Et il y a ceux qui croient que les CESF sont riches :

"- Et elle fait quoi Louise, dans la vie ? demande un de ses cousins à mon mari

- Elle travaille dans le social, dit mon homme

- Ho c'est bien ça, elle doit gagner beaucoup d'argent ! répond le cousin

- Ho non au contraire, elle travaille beaucoup, c'est très difficile, mais elle gagne peu, son diplôme est peu reconnu défend mon mari

- en fait les assistantes sociales, c'est quand même le métier où t'as du pouvoir... parceque même si elle ne gagne pas beaucoup, elle connait tout les filons pour gratter de l'argent, elle sait les qu'elle peut demander... affirme le cousin

- ....."

Qu'est ce que ce serait cool que ce soit vrai !

 

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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 22:12

J'ai reçu son mail me demandant de l'aide, un jour, et tout de suite je me suis dit que lui, ça n'allait pas le faire. Je sentais l'accompagnement galère arriver. Dans son mail, il m'expliquait le pourquoi du comment de diverses institutions lui réclamant des prestations sociales trop perçues, et me demandait comment faire pour ne pas avoir à les payer. Je me contenais de lui répondre "mon coco, t'as fait des fausses déclarations, ils s'en sont rendus compte, tu assumes maintenant !". Finalement, je réussissais à lui fixer cordialement un rendez-vous la semaine suivante.

 

Le jour venu, il était là, tout souriant et gai, comme si tout roulait. Moi j'appréhendais à l'idée qu'il m'envoi à la figure mon inutilité quand je lui aurais expliqué de toutes les façons possibles qu'il fallait qu'il paye ces dettes. On s'est posé en salle d'entretien, et alors qu'il adoptait une posture très détachée, j'essayais de me concentrer à lire toutes les lettres de relances, de réclamations de trop perçus et d'oppositions à tiers détenteurs. Je fini par poser les feuilles, trop de blabla, je voulais qu'il m'explique de vive voix. Alors il me déballa toutes les dettes et trop perçus de sa copine qui avait fait par le passé des fausses déclarations CAF, Pôle Emploi, Sécu... et divers crédits à la consommation. Puis je parlais, et il m'écoutait, tapotant sur son téléphone, il transpirait de colère. Je voyais l'entretien prendre une tournure assez étrange, que je ne maitrisais pas, et je me sentais extrêmement agressée par tout cet énervement qui émanait de lui. 

 

Alors, ne voyant d’autres issues possibles au rendez-vous, je décida de poser les choses. "Bon, ça ne va pas là, je vous sens en colère, qu'est-ce qu'il se passe ?". Quitte à que je me passe traiter d'incapable car je n'ai pas de solution à proposer pour solder une dette, autant que ce soit fait tout de suite ! Comme ça j'ai la fin de l'entretien pour riposter ! Il leva enfin les yeux de son téléphone, me fixa, puis détourna les yeux qui commençaient à s'humidifier. "Ça se voit tant que ça ?" me répondait-t-il. Et là, je compris. Ce n'était pas envers moi, qu'il était énervé, mais envers sa copine. "Oui, ça se voit. Beaucoup même. Et peut-être que vous avez besoin de le sortir, de l'extérioriser un peu". Il m'expliqua qu'il ne voulait pas craquer, car avait peur de ce qu'il dirait, de ce qu'il se mettrait à penser d'elle. Il ne voulait pas avoir de mauvaises pensées et de mots qu'il risquerait de regretter par la suite. Alors nous avons reparlé du budget. Du concret, du palpable, du réel, sans sentiments, sans insultes qui brulaient les lèvres. Au final je compris, sa compagne était endettée, et lui, en plus d'avoir à payer le quotidien tel que le logement, l'énergie, l'alimentation, il finissait par se mettre à payer les factures de sa compagne. Il bossait, il sacrifiait tout pour assumer des magouilles qu'elle avait fait dans le passé. Il me racontait comment il s'était autorisé récemment à s'acheter un ordinateur portable, avec sa prime, qu'il en était mort de honte, et qu'elle, elle arrivait bien à lui faire comprendre qu'il avait de quoi se sentir coupable.

 

Nous avons simplement fini l'entretien comme ça, un peu dans le vif du sujet, sans complètement avoir réussi à débloquer ni la situation, ni la parole avec ces sentiments qui le rongeaient de l'intérieur. Je suis resté sur ma faim, comme un accompagnement non aboutit, les objectifs n’ont atteints.

 

Mais finalement, dois-t-on toujours trouver réponse ou solution ?

Je pense réellement que ce fut un premier pas, une première brèche d'ouverte. Un jour, lorsqu'il serait prêt, il l'ouvrirait davantage. Mais chaque chose en son temps.

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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 22:36

Déjà 5 mois que j'exerce en tant que CESF du personnel à SupraEntreprise. Le temps passe et s'écoule à vitesse grand V. Signe peut être que je me sens tellement bien au travail, que je ne vois pas le temps passer.

 

Mon travaille paye... après 5 mois à vagabonder de long en large dans les entrepôts de l'entreprise avec des chaussures de sécurité assez lourdes, j'ai des mollets en béton !

 

Quelques petites victoires du quotidien : des propositions de logements par le 1%, des IJ qui se débloquent, des budgets qui se rétablissent, des dettes qui s'échelonnent, des actions co' que j'anime et qui plaisent... et puis beaucoup de sourires, de partages, de rencontres et de soutiens. J'ai aussi eu l'occasion de participer à une formation sur le handicap au travail.

 

Le blog est légèrement mis de côté, ce n'est pas un oubli, mais un choix à faire. J'ai un projet CESF en tête, que je constitue assez secrètement et qui prend du temps. On en parlera au moment venu.

Je continue à y passer, à lire et répondre aux quelques commentaires bien qu'ils ne soient pas nombreux au regard du nombre de visites journalières. Une moyenne de 50 à 100 visites par jour. Et puis d'un coup, hopppp 250 visites un jour comme hier, mine de rien, avant que les stats redescendent à 80, comme à son habitude. Kiskilsipass ? Serait-ce une même personne qui s'est endormi sur son clavier, le nez appuyant continuellement sur la touche F5 "réactualiser" ? Mouhahaha !

C'est toujours plaisant qu'un blog de CESF soit lu d'un grand nombre, mais c'est aussi assez frustrant de ne pas avoir de retours, de ne pas savoir ce qu'en ont pensé les lecteurs, leurs avis, et leurs expériences pouvant ressembler aux miennes.

Alors je file droit dans mon icone me permettant de savoir la requête tapée sur le moteur derecherche et ayant conduit jusqu'au monde d'il était une fois Louise. Et des fois, ça fait bien sourire. Mon top one reste la requête suivante : "il y a-t-il des arabes chez les CESF ?". Alors pour répondre à la question, cher visiteur... enfin nan, je n'ai pas envie de répondre. A toi de le découvrir par toi même ! D'autres fois, visiblement des requêtes de femmes vivant des violences et cherchant des réponses ou de l'aide... j'espère que mes articles ou récits de vie les aideront à prendre leur décision ! De temps en temps, des questions sur le salaire des travailleurs sociaux. Et bien je vais en décevoir beaucoup, ça vole pas haut, mais ça, c'est un thème qui mériterait des articles entiers. Et puis pour beaucoup, je dirai une grande majorité, des mots en lien avec notre domaine tel que éthique, positionnement, action sociale, usager, demande d'asile, isic...

 

Que cherchaient ces lecteurs ? L'ont-ils trouvé ?

C'est aussi en ayant des retours, que je peux avancer, me remettre en question et m'améliorer !

 

Alors donnez-vous la parole ! Osez-vous exprimer ! Et dites-moi qui vous êtes, cher lecteur !

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Mercredi 10 avril 2013 3 10 /04 /Avr /2013 18:43

Les jours passent et défilent, le travail avance, on progresse, parfois on recule, mais nos suivis évoluent. On les accompagne, on les guide, on les encourage, on les soutiens, on les aide à faire, et parfois, on fait pour eux. Parce qu'ils n'ont plus les facultés mentales ou psychiques pour le faire, et que l'on a été nommé leur tuteur ou curateur. Histoire de les protéger. Histoire de, je dis bien. Ils ne peuvent plus se protéger eux-mêmes, ou pas assez, alors on nous mandate pour prendre soin d'eux. Prendre soin, protéger, c'est le principe, c'est l'essai, c'est ce qu'il y a marqué dans la loi de la réforme des tutelles, depuis 2007. Et dans la réalité, bah on essai. Simplement. Lorsqu'on échoue, pendant que la hiérarchie nous refile des nouveaux suivis, que la psy de l'analyse de pratique nous dit que "c'est la vie, 'faut passer à autre chose", et bien nous on culpabilise parfois, on se remet en question beaucoup, et on en veut à certains.

 

Il y a une époque où j'occupais un poste en tant que mandataire judiciaire à la protection des majeurs, dit plus simplement "en tutelle". A l'époque, il y a fort fort longtemps, dans un pays fort fort lointain. Tellement, que les images en sont floues, que les situations viennent aux grés des flashs ou d'éléments déclencheurs.

 

Mais dans tout ça, il y a un fait que je n'ai jamais oublié, que j'ai toujours gardé à l'esprit, et que je ne pourrai jamais m'ôter, surement. Celui d'avoir été tellement instrumentalité et impuissante, que je me sentais parfois l'élément déclencheur.

 

Clairement, huit de mes majeurs étaient morts en l'espace de trois mois. Huit exactement, pas un de plus, heureusement. Mais huit, ça fait beaucoup, en trois mois ! Alors que certains faisaient une crise cardiaque très jeunes, d'autres mouraient de vieillesse, et certains s'en allaient parce qu’ils n'avaient pas bénéficié des soins adéquats. Si si, je vous assure, ça existe encore de nos jours, dans notre société si civilisée. Ils n'étaient pas du bon côté du GIR. Ils n’avaient pas le bon chiffre, tout simplement. Parce qu'il avait été décidé par un GrandManitou quelque part dans un bureau, que bon, lui, ce p'tit vieux là, ça va faut pas déconner, il peut prendre ses médocs et se laver seul, il n’est pas si sénile que ça. Bah p'tetre que si, au final. Sans soins, sans hygiène, il est mort. Il s'est envolé, comme plusieurs autres, parce que les demandes de prise en charge de soins que j'avais faits, n'avaient pas été acceptées. Et que c'est bien beau l'ASPA ou l'AAH, mais ça peut pas tout payer, malgré une gestion budgétaire au dixième de centime près. 

 

J'suis allé voir certains, à l'hôpital. Histoire qu'une dernière personne leur dise au revoir, et que leur âme ne parte pas seule, où qu'elle aille. J'étais leur protectrice, après tout. Et pendant que je tenais pour la première et dernière fois leur main, dans cette salle froide et terne, l'infirmière me disait : "il est mort, ça sert à rien que vous soyez là, il s'en rend pas compte". Si, ça sert. Que je puisse faire mon deuil de tutrice, et surtout, que la personne décède dans la dignité, malgré une mort qui aurait pu être évitée s'il avait eu le bon chiffre de ce foutu GIR.

 

On laisse mourir des personnes, parce que certaines autres ont décidé qu'ils ne valaient pas encore le coup d'être soignés. Des personnes sont mortes parce qu’on attendait l'avenir, qu'elles soient en trop mal état pour les soigner, alors qu'un coup de pouce médical leur aurait donné de longues vies devant eux.

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Mercredi 10 avril 2013 3 10 /04 /Avr /2013 18:30

"Madame Louise, au fait on pourra pas se voir au RDV pendant ma pause, car je vais manger un kebab"

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Lundi 8 avril 2013 1 08 /04 /Avr /2013 19:18

J’aurai du faire devin. Ou voyante. Avec ma boule en verre qui brille, et qui prédit l’avenir. Je saurai à l’avance les demandes afin de trouver une solution avant même que soit la personne dans le bureau. J’pourrais devancer une OPP ou une place au 115. Je n’aurai plus à écouter les blablas, les phrases que l’on me répète sans cesse, je leur tendrai leur dossier 1% ou DALO, sans qu’ils aient à me raconter la misère que c’est d’être hébergé chez leur pote. Un entretien de mimes suffirait.

Quoi que ce serait bien triste, plus de partages, d’échanges, de sourires pour fonder la relation d’aide.

Donc j’aurai du faire devin, ou voyante, mais en gardant les échanges. Un peut comme ce que je fais déjà maintenant, par moments.

 

Moi : - Bon alors, qu’est ce qui vous amène ici, François ?

 

Lui : - Je voudrai demander un logement au 1%

 

Moi : - Qu’est ce qui vous amène à vouloir en demander ? Vous vivez ou actuellement ?

Je vis dans tel quartier, mais il craint, je voudrais un autre environnement

 

Lui : J’ai un logement dans QuartierQuiCraintDeVilleQuiCraint et j’aimerai changer pour être plus tranquille

 

Moi : Oui ca se comprend. C’est normal de vouloir évoluer dans un coin tranquille.

Un quartier résidentiel/ Une zone pavillonnaire/ Ou même une maison

 

Lui : Je voudrai plutôt un truc calme, dans un quartier résidentiel. Le rêve ce serait d’avoir une maison pas trop chère.

 

Moi : J’entends votre demande, mais les logements sociaux, sont des logements qui ont justement la caractéristique d’être peux chers, donc dans des zones moins cotés, avec une population avec peux de revenus. Donc, en tout cas dans notre région, ca sera jamais dans une zone pavillonnaire !

Oui mais y’a trop d’étrangers/trop de pauvres.

 

Lui : Je sais, mais j’en ai marre, y’a trop d’étrangers où je suis !

 

Vous êtes de quelle origine au fait ? 

Moi : Bon, je vais vous aider à faire la demande, mais ca peut prendre du temps, car un logement qui corresponde à vos critères et qui est géré par le 1% doit se libérer.

Faut que le logement soit assez grand / avec baignoire / balcon / chauffage central au sol / interphone / ascenseur / placards intégrés / pas trop haut en étages

 

Lui : Oui j’attendrais, mais pas trop quand même, et puis je ne voudrai pas un logement au chauffage électrique, c’est trop cher. Et puis je ne veux pas un logement plus haut que 2 ou 3 étages, imaginez après avec les courses, c’est la galère. Bref, j’veux un truc tranquille, bien, et avec un balcon c’est plus sympas.

 

Exposé plein sud peut-être ? Le 1% n’est pas une agence immobilière Mr !

Moi : Combien de pièces vous allez demander ?

Le plus grand possible / une chambre par enfant / une maison / un salon / une cuisine américaine

 

Lui : Un T4, j’veux que mes 2 enfants aient leurs chambres. Bah oui, ils n’ont pas le même âge !

 

Moi : Ils ont quel âge déjà ?

 

Lui : On a deux filles de 4 et 5 ans. Vous vous rendez compte, si elles n’ont pas leur chambre à elles, elles vont devoir tout partager, elles vont mal tourner, mal étudier, bref je vais leur donner une mauvaise éducation ! C’est strictement inenvisageable qu’elles partagent une chambre ! Vous vous rendez compte !

 

Heu nan… pas trop… je vois pas du tout en fait !

 

Bref, oui, ce type d’entretiens-logements, je les devance, tout à fait. Devancer les exigences, les demandes, ca en devient troublant. Bien qu’on puisse entendre certaines demandes qui paraissent compréhensibles et cohérentes, d’autres sont épuisantes et font très vite le tri entre les emmerdeurs, et les salariés qui sont prêt à tout pour trouver quelque chose quel qu’il soit.

 

Celui d’hier avait pris cette tournure, mais ne s’est pas conclu par l’habituelle remise d’un formulaire, d’un post-it avec les pièces à fournir et l’heure de notre prochain RDV.

 

Après tout le blabla l’échange précédemment décrit, ca s’est fini ainsi.

 

Moi : - Vos revenus et ceux de votre femme  vont rentrer en compte pour les éventuelles propositions. C'est-à-dire que certains logements du 1% sont réservés à certains montants de ressources, et que le 1% ne pourra vous proposer un logement que lorsqu’il correspond à vos critères, mais aussi vos ressources, et c’est ca qui peut prendre du temps.

 

Lui : - Ha oué mais moi j’veux un logement pas trop cher ! Je vous avais dit je voulais une maison, en T5. Mais bon quoi qu’il en soit, pas plus de 500 euros, comme ca j’aurai les APL et au final j’aurai à payer un loyer que de 50 euros.

 

J’écarquille les yeux, je regarde derrière mon épaule, pas de caméra cachée…

 

Vous y avez cru ? Mouahahahaha. Vous rêvez mon p'tit François !

 

Moi : - Il n’y a que très peux de logements sociaux sous forme de maisons, et les locataires qui y sont, ils y restent. D’autre part, sachez que vous n’aurez jamais un T4 à 500 euros, ni une APL à 450 euros. Il faut que vous vous prépareriez à un loyer résiduel plutôt de l’ordre de 500 euros justement.

Blablalblalblalbla mais pourquoi blalbabla je veux utiliser cat argent pour autre chose blablablalblabla les vacances en Espagne blablalbla le ski blablalbla

 

Lui : - Heinnnn ? Mais c’est trop 500 euros ! J’ai déjà plein de dettes moi ! Je ne paye déjà pas mon loyer actuel. Je n’ai pas que ça à faire de mettre 500 euros sur un loyer !

 

Holàlà je ne l’avais pas vu venir celle là. Et bien comme ça la discussion est close, dans tous les cas, le 1% refusera d’enregistrer le dossier où il y a des dettes locatives ! On va peut être passer à un niveau d’accompagnement supérieur… Qui propose quoi ? Faites vos paris !

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Mercredi 3 avril 2013 3 03 /04 /Avr /2013 18:32

Parmi tout le train train du quotidien à SupraEntreprise, j'ai des moments où je me force à me poser. Sisi, Louise CESF, qui a des fourmis aux fesses, prend son temps. Enfin elle essai. Donc je m'assois bien droite sur la chaise de mon bureau, je regarde ma feuille de brouillon, et je note toutes les situations actuelles qui sont un minimum complexes. Puis, je regarde la porte, droit de devant moi, et je me parle à moi-même. Je m'expose les situations, l'évolution les comportements, les actions, et essai d'analyser ce qu'il se passe pour chacun d'eux. Pour finir, je note les pistes à explorer, les informations manquantes, les questions à développer. Finalement, je me fais ma propre réunion d'équipe, avec moi-même. Sans les blablas de chefs, les soupirs de la collègue de gauche, les informations décrites dans les moindres détails par la collègue de droite, le téléphone qui sonne... tout ça en moins. Tout de suite, ma réunion avec mon moi intérieur prend une tournure surement plus drôle à contempler de l'extérieur (Tiens, Louise elle parle toute seule?), mais forcément, ce temps de réflexion devient beaucoup moins long que dans une grande équipe. Je vais à l'essentiel, je me pose les bonnes questions, je ne chipote pas sur la décision du lieu où positionner le sapin de Noël cette année, ni sur la date qui arrange tout le monde pour le pot de départ de la secrétaire. Date que l'on ne trouvera jamais, vous vous en doutez. Pas d'arrachage de cheveux non plus pour choisir qui aura la suprême chance de prendre ses congés le mois où toutes les veulent. J'suis seule, j'fais ma vie, je me parle à moi-même, je réfléchis, j'analyse, je prends du recul, et puis mon train train continue, même si la mouche qui squatte le bureau doit me prendre pour une zinzin. Certains pourront croire à un semblant de solitude, d'isolement, chose que je ne ressens en aucun point. Au contraire, mon poste me permet d'être connue de tous, de connaitre tout le monde, et mon expérience des postes passés m'aura permis de tisser un grand réseau partenarial dans la région. Un question sur le formulaire MDPH d'un salarié ? J’appelle les collègues RH chargés de faire respecter la loi du 6% de RQTH en entreprise. La situation d'un salarié en procédure d'expulsion locative, et un questionnement sur sa non adhésion à l'accompagnement ? J'échange avec les CESF du 1% qui suivent le dossier pour le relogement. Un besoin d'informations sur le regroupement familial ou la naturalisation ? J'appelle mes ex-collègues de bénévolat de l'asso-qui-s'occupe-des-étrangers. Un petit coup d'ennui, d'envie de discuter de la pluie et du beau temps ? Je sors de mon bureau, traverse l'escalier et me ballade dans l'entrepôt où plusieurs s'arrêtent pour papoter. Alors non, je me sens tout sauf seule, dans ce train train quotidien. J’ai plutôt cette liberté d’action qui me permet de faire ce que j’en veux, un poste de CESF en entreprise, sans les contraintes institutionnelles mais avec beaucoup de rencontres, de partage et d'humanité.

 

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